Paris 2024, une opportunité en or pour les start-up françaises ?

Alors que la campagne internationale de Paris 2024 vient de démarrer et que le Hacking de l’Hôtel de Ville va être cette année dédié à cette thématique, focus sur les start-up françaises qui pourraient profiter de l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques en France

La nécessité de proposer une offre de transport adaptée

S’il y a bien un enjeu majeur auquel chaque ville candidate est confrontée, c’est celui du transport. Comment permettre à des milliers d’athlètes et de spectateurs de se déplacer simplement et efficacement tout en préservant l’environnement ?

Pour les athlètes et officiels, il est nécessaire de proposer un service de qualité et réduire au maximum les temps de trajets entre les sites d’hébergement et de compétitions. Pour les touristes, il s’agit tant de desservir correctement les sites des compétitions sportives que de permettre de découvrir la Ville hôte.

Afin d’optimiser ces temps de transport, le GIP Paris 2024 a décidé de regrouper les sites Olympiques et Paralympiques au sein de deux zones principales réparties dans un rayon de 10 km : la zone Paris Centre et la zone Grand Paris. Une manière de limiter les modes de transports traditionnels et d’encourager les trajets éco-responsables. Une décision qui a du sens quand on sait que près de 69% des français sont favorables à la diminution de la place de la voiture en ville (Sondage BVA réalisé pour Doméo et la presse régionale) et qu’il est nécessaire de privilégier les trajets éco-responsables aux transports traditionnels.

Image issue du film technique de la candidature de Paris 2024

Justement, pour réaliser cet objectif, la start-up Elo met à disposition des utilisateurs une plateforme collaborative pour partager des vélos électriques. Pour suivre les trajets du vélo et recueillir des données sportives, la start-up Connected Cycle conçoit une pédale connectée intelligente intégrant un GPS ; un moyen notamment efficace pour lutter contre les vols.

Une fois à Paris, les touristes souhaitent généralement découvrir la ville, et pas nécessairement par le biais de bus touristiques imposant un parcours. En 2024, les touristes pourront peut-être utiliser la mini-voiture autonome développée par la start-up française Go-self Tours. Cette mini-voiture est électrique et dotée d’une connexion Wi-Fi, d’un GPS dernier cri et d’une tablette présentant automatiquement chaque rue ou monument du parcours. Pour Joël Olivieri, le fondateur, « il ne reste plus qu’à cliquer et regarder ». En effet, on trouve au menu plus d’une soixantaine de reportages vidéo et des centaines de photos. En bonus, un haut-parleur – faisant office de guide – déballe les textes d’un historien sur la Ville de Paris.

S’agissant des transports en commun, les start-up françaises ne sont pas en reste. Un exemple avec un bus intelligent, électrique et autonome nommé « Arma ». Lancée en octobre 2015 par la start-up Navya, ce véhicule est sans conducteur et peut transporter jusqu’à 15 personnes à une vitesse de 45 km/h.

Encore plus insolite, le recordman de vitesse en planche à voile Anders Bringdal et le navigateur Alain Thébault ont développé la voiture « Sea Bubble », un engin volant sur l’eau, propulsé par 2 moteurs électriques et qui peut atteindre 18km/h. Ce nouveau mode de transport, à la fois original et écologique, s’apprête à faire son apparition dans la capitale. En effet, dès mars 2017, la Ville de Paris va expérimenter ce service qui permettra de traverser Paris en moins d’un quart d’heure. La Ville de Paris a d’ailleurs été préférée à d’autres métropoles telles que Sydney, Miami, Londres et Melbourne. Lorsque l’on sait que la Zone Paris Centre et la Zone Grand Paris de Paris 2024 sont directement connectées par la Seine, on ne peut que se réjouir du développement de ces « Sea Bubbles ».

Les Jeux, une opportunité touristique à saisir

Un méga-évènement sportif comme les Jeux Olympiques et Paralympiques rassemble des milliers de sportifs, de visiteurs, de journalistes et de personnalités politiques. Il s’agit d’une occasion unique pour la Ville hôte de rayonner et de promouvoir ses richesses au-delà des frontières. Il devient primordial de capter ces différents publics et de leur proposer des expériences uniques qui leur donneront envie de partager leurs émotions et leurs souvenirs.  De nombreuses solutions intelligentes simplifiant la vie des visiteurs sont développées par les start-up, et l’EURO 2016 en fut un bel exemple récent.

La question du logement est une question cruciale et souvent onéreuse dans le centre de Paris. C’est la raison pour laquelle la start-up ParisByM.com a saisi cette problématique en proposant aux touristes un service clef en main : l’entreprise se charge de trouver un hébergement, les activités à faire et les bons plans. Dans le même registre, 10 things to see a développé une application touristique communautaire permettant de préparer ses séjours en trouvant des lieux incontournables à visiter où que l’on soit.

Autre barrière, la langue. Lors d’un voyage en Asie, deux français, Lorraine et Alexandre, se sont rendu compte que « la solution la plus efficace pour se faire comprendre était de montrer une image ». Ils ont donc développés SameSame, une application pour aider les voyageurs à communiquer via des visuels.

La start-up Appsmapper permet également de profiter des plus beaux recoins de Paris : via une application, elle propose des parcours touristiques adaptés à sa localisation et ses préférences. Cette solution, couplée aux bornes connectées de la Ville de Paris permettant aux touristes d’accéder à des informations pratiques, pourrait révolutionner le tourisme à Paris. Nous pensons aussi à la start-up Peeble qui développe un hotspot de poche permettant aux voyageurs de bénéficier d’une connexion 4G et Wi-Fi.

Proposées par des start-up françaises, ces solutions pourraient concourir à faire de Paris une terre d’accueil particulièrement adaptée aux Jeux Olympiques et Paralympiques.

La préservation de l’environnement au cœur du projet Paris 2024

La question environnementale revêt une importance particulière pour le GIP Paris 2024 : le partenariat avec WWF France ainsi que la création d’un Comité d’Excellence Environnementale en attestent. D’ailleurs, le GIP est le 1er comité de candidature à l’organisation des Jeux à viser l’obtention de la certification ISO 20 121, qui veille à ce que les évènements majeurs laissent un héritage positif tant en termes économiques qu’environnementaux et sociaux.

Dans ce domaine aussi, les start-up françaises ont une carte à jouer : elles rivalisent toutes d’ingéniosité pour préserver l’environnement. Ainsi, dans le cadre de la remise des Prix « Smart Paris 2024 », la start-up Glowee a été récompensée par Tony Estanguet. Cette start-up développe un système de lumière biologique utilisant les propriétés naturelles bioluminescentes d’organismes marins. A terme, cette innovation permettrait de repenser notre manière de produire et de consommer la lumière, sans besoin d’électricité ou d’infrastructure d’installation ! Dans le cadre des Jeux Olympiques et Paralympiques, cette innovation pourrait ainsi éclairer la Seine, dessiner une signalétique de nuit à destination des touristes ou éclairer les alentours des infrastructures sportives, tout cela sans consommer d’électricité !

1Bag1Match est une autre start-up qui œuvre pour préserver l’environnement : elle recycle les maillots de sport pour en faire des sacs, des housses d’ordinateurs et des accessoires de décoration 100% made in France ! Pas question de recycler le maillot du prochain Usain Bolt mais en ce qui concerne les chasubles, serviettes et maillots d’entrainement souvent inutilisés après les Jeux, l’activité de cette start-up constitue une réelle solution !

 

Par ailleurs, l’organisation d’un méga-évènement comme les Jeux Olympiques et Paralympiques génèrent aussi de nombreux déchets, notamment des emballages. Pour remédier à cette pollution de l’environnement, les fondateurs de la start-up Wise Pack adoptent une approche écologique : « Nous introduisons de nouvelles technologies et de nouveaux usages de consommation en proposant des alternatives innovantes, écologiques et viables économiquement ». Et l’une de ces alternatives innovantes est plutôt insolite… La start-up propose de créer des emballages naturels et 100% comestibles ! Actuellement, elle développe une alternative à la bouteille en verre ou en plastique : lorsque l’on connaît le nombre de ravitaillements et de bouteilles d’eau gâchées lors des manifestations sportives (50km marche, marathon…), cette solution apparaît très prometteuse !

 

L’indispensable optimisation de l’expérience des spectateurs

L’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques attirent un public très large sur le territoire du pays hôte : sportifs, spectateurs, journalistes, personnalités politiques… Pour les Jeux de 2012 à Londres, plus de 8 millions de visiteurs ainsi que 14 800 athlètes, 20 000 journalistes accrédités et 70 000 volontaires étaient présents !

Pour les spectateurs, qui consentent souvent à un effort financier important pour assister aux compétitions sportives de leurs idoles, il est donc indispensable d’offrir une expérience à la hauteur de la compétition !

Le GIP Paris 2024 ne s’y est pas trompé : elle a remis à la start-up Digifood le prix « Smart Experience ». Cette start-up permet à n’importe quel spectateur de se restaurer en commandant sur son smartphone et en se faisant livrer à sa place !

Vogo est une autre start-up ayant mis en place un service capable d’optimiser l’expérience vécue par les spectateurs : via une application, cette start-up permet d’avoir accès – en direct – à toutes les caméras diffusant l’évènement ! Pour des sports comme le golf, le rugby ou même pour les compétitions d’athlétisme, ce service constitue une vraie valeur ajoutée. Il ne sera donc plus question de rater le saut en hauteur du prochain Renaud Lavillenie parce que se déroulait au même moment l’épreuve du 100 mètres !

Enfin, d’autres start-up comme Yppa ou Eqwall permettent aux spectateurs de devenir acteurs du show via leurs téléphones : la première propose aux spectateurs de faire des shows lumineux grâce à leurs smartphones tandis que la seconde permet de booster le public pendant les temps morts des compétitions sportives en organisant des jeux, quizz, concours et autres.

La résolution, par les start-up françaises, de problématiques bien connues des organisateurs

Il apparaît indispensable de conclure ces propos en évoquant 3 start-up qui permettraient de résoudre des problèmes que de nombreux Comités d’Organisation des Jeux Olympiques (COJO) ont connu ces dernières années

Nous pensons d’abord à la start-up Natural Grass qui conçoit une pelouse 100% naturelle enracinée dans un substrat artificiel. Résultat ? Une grande résistance, un meilleur niveau de jeu et une réduction des traumatismes pour les sportifs. Cette start-up a déjà fait ses preuves, notamment lors de l’Euro 2016 où son gazon équipait la moitié des terrains de football accueillant des matchs de la compétition. Les compétitions reines des Jeux Olympiques et Paralympiques étant visionnées par plusieurs milliards de téléspectateurs, une telle qualité de gazon serait appréciable.

 

Exemple d'un gazon de Natural Grass, ici au Parc OL 

Enfin, la question des tribunes vides constituent une problématique que les COJO craignent: tant à Londres qu’à Rio, des voix se sont élevées pour critiquer des tribunes clairsemées. Un éventuel COJO parisien pourrait avoir la solution à cette problématique grâce à 2 start-up : Tech4team et Seaters.

La première, Tech4team, utilise les solutions de Yield Management pour proposer des billets au « juste » prix. Son logiciel Arenametrix permet aux organisateurs événements de visualiser le contenu de leurs bases de données publiques, d’en tirer des analyses statistiques et prédictives et de prendre des décisions sur la stratégie de commercialisation à adapter en temps réel.

La seconde, Seaters, lutte contre les « empty seats » qui proviennent des annulations de dernière minute, des places réservées aux sponsors mais non distribuées et des places non mises en vente car réservées aux organisateurs. La start-up permet aux fans de s’inscrire sur une liste d’attente pour les évènements annoncés à guichet fermé : dès qu’une place se libère, le fan inscrit sur la liste reçoit une notification afin d’assister à l’événement.

A travers ces exemples, ce sont plusieurs centaines de start-up françaises qui pourraient participer à l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques à Paris : des start-up spécialisées dans le sport certes mais pas uniquement !